Aimez-vous

Témoignage sur les troubles du comportement alimentaire.  

Elona raconte son histoire

« La vie c’est des aventures, des rencontres, des projets mais aussi des obstacles. Ils tombent comme ça, sans qu’on s’y attende. Et, parfois sans s’en rendre compte, on les provoque nous même. On se construit des murs à l’aide des regards extérieurs. Et ils s’épaississent. Ça a été le cas pour moi.. »

Sans le savoir je suis tombée peu à peu dans une maladie, qui a entravé ma route de beaucoup trop de choses importantes et vitales.

A cause des regards, de la pression sociale, beaucoup celle véhiculée par les médias, je ne me sentais pas en adéquation avec les attentes de notre société oppressante. 

J’ai décidé de changer pour rentrer dans le moule.

A ce moment là, je croyais encore que je le faisais pour mieux me plaire, et non pour plaire aux autres. C’est seulement deux ans plus tard, je me suis rendue compte que c’était faux. Pendant ces deux années j’ai voulu maigrir. Et j’ai réussi. Trop bien réussi.

En un été j’avais perdu mes kilos « en trop », ceux qui me déplaisaient. Mais j’ai continué de perdre car la sensation de contrôle était trop satisfaisante pour arrêter. C’est alors que le mot anorexie est venu à mes oreilles. On posait les mots. Officiellement, j’étais malade.

Cette maladie ne vient pas d’un coup. Elle est vicieuse, longue et pleines de fluctuations.

Elle te fait penser que tout contrôler et t’éloigner des gens est une bonne chose. A cause d’elle je me suis isolée de mes amis et de ma famille. J’ai perdu le regard bienveillant envers mon corps, mon sourire et tout plaisir. En quelques mois, sans m’en rendre compte, j’étais devenue l’ombre de moi-même sans même.

Et quand tu ouvres enfin les yeux sur ce qu’il t’arrive, c’est tellement dur de remonter à la surface que le courage et le soutien de tes proches est l’arme la plus forte!

 

 J’ai conscientisé ma perte de poids qui ne freinait pas.

Je ne me reconnaissais plus et la satisfaction de tout contrôler n’était plus là. Malgré ça, je continuais car le cercle vicieux était enclenché. Puis mon poids a atteint la limite de survie.

Je ressemblais bien plus à un fantôme qu’à un mannequin. Mon mal-être était à son maximum. Alors j’ai décidé de changer. Pour du mieux cette fois. Cette putain de maladie m’avait écarté de tout ce qui est important et vital pour toute personne.

Grâce au soutien de mes proches et de professionnels je réussis à m’en sortir.

Elle arrive très vite mais ne repart pas aussi facilement. Aujourd’hui je suis encore en rémission mais je vois enfin le bout du tunnel. Le contrôle de son corps et lui faire du mal comme ça n’est pas une solution. Tout ça pour convenir à la société ou à certaines personnes. A quoi bon ?

Le combat n’est pas finit, il sera surement encore long. Mais ce lourd obstacle m’a permis de comprendre que je ne dois plaire à personne à part à moi-même. « Respectes-toi, prends soin de toi et ne te préoccupes pas de ce que pense les autres. » Voilà ce que j’aurais dit à la Moi d’il y a 2 ans. « Profites de la vie, sors et amuses toi! »

Le bien-être et l’épanouissement

se trouvent en nous…

…et non dans les codes et des modèles que personne ne peut vraiment atteindre. Aujourd’hui je me sens mieux, je retrouve une vie à peu près digne de ce nom et j’en suis très fière. Ne vous blâmez pas et prenez soin de vous car la vie est beaucoup trop précieuse et fragile pour se torturer au quotidien.

Aimez-vous !

Lola

Lola

J’ai été anorexique restrictive pendant plus ou moins 9 ans…et puis j’ai voyagé.